« Au secours, je n’arrive pas à me donner du plaisir seule ! » Alors que le monde entier semble tourné vers la jouissance sans fin, il est normal que l’on se sente très isolée à ne pas réussir à se faire du bien seule. La masturbation, on le sait toutes, c’est plutôt une bonne chose. Mais quand la masturbation ne fonctionne pas, on se sent au mieux simplement frustrée, au pire profondément anormale. Alors comment parvenir à jouir seule ? Est-ce que c’est dans la tête ou est-ce qu’on manque simplement de technique ? Voici un petit guide de la masturbation féminine quand on n’arrive pas à atteindre l’orgasme seule.

Je n’arrive pas à me donner du plaisir seule et je me sens nulle

Vous parvenez à prendre votre pied avec un partenaire mais les essais ne sont guère concluants quand vous essayiez de vous masturber ? Rassurez-vous, même si vous en avez l’impression, vous êtes loin d’être un cas isolé !

Sensation de solitude

Aujourd’hui, le monde entier est convaincu des bienfaits de la masturbation et chacun semble parvenir à l’orgasme seul et sans difficulté. Si l’on en croit les discours qui nous entourent, c’est même la base pour avoir une sexualité à deux épanouie et connaître son corps et ses désirs.

On nous inonde de conseils où la masturbation a l’air d’être parfaitement maîtrisée par chacune et on nous rabâche que c’est excellent pour le corps et l’esprit.

Donc, avec autant de bons conseils, et dans ce monde où toutes les filles semblent atteindre l’orgasme en claquant des doigts, si je n’arrive pas à me donner du plaisir seule, c’est que je dois être sacrément nulle !

Femme seule sur un lit

On se dit que, visiblement, on est la seule dans ce pétrin et qu’on doit avoir un truc qui ne tourne pas rond.

Ne pas parvenir à se masturber : un classique féminin !

Déjà, rassurez-vous : Vous n’êtes ni seule ni anormale. Si parvenir à prendre du plaisir seule est naturel et instinctif pour certaines, pour d’autres, atteindre l’orgasme par la masturbation demande pas mal de boulot.

Mais alors pourquoi est-ce si difficile de parvenir à se faire jouir quand on est une femme ?

Plusieurs raisons peuvent être avancées à cela.

Le tabou sur la masturbation féminine

On n’en entend souvent parler : la masturbation féminine est victime d’une certaine forme de tabou.

On le constate très simplement : Il est plutôt facile pour les hommes de parler masturbation entre eux ou avec des amis. Après tout, qui n’a jamais entendu parler du rouleau de sopalin posé à côté du lit ou de l’ordinateur ?

C’est aussi quelque chose de largement représenté dans la pop culture, dans les séries ou les films (généralement, c’est un ressort humoristique).

Pour les filles, ce n’est pas la même musique : Même entre copines, c’est loin d’être aussi simple et naturel d’en parler. Ce n’est pas vraiment un sujet de conversation… Et les représentations culturelles de la masturbation féminine n’existent quasiment pas.

L’anatomie

Non seulement on n’en parle pas, mais en plus, eh bien… Physiquement, c’est plus complexe pour les hommes !

Eux, au moins, ils savent rapidement comment faire : le pénis, c’est là, c’est visible, c’est évident, ils n’ont qu’à baisser les yeux.

Pour nous, c’est plus complexe : la vulve, c’est mystérieux, c’est caché, c’est inaccessible au regard à moins de faire la démarche de se dégoter un miroir de poche et de se contorsionner un peu.

Je n'arrive pas à me faire du bien seule

C’est aussi beaucoup moins évident à comprendre. Il y a plein de plis et de replis… Comment est-on censées savoir où il faut appuyer et comment il faut faire ?

Le temps

Enfin, on le sait, pour les mecs, ça peut aller très vite. L’érection peut apparaître en claquant des doigts et l’affaire se régler en 2 minutes.

Nous, ce n’est pas aussi simple. Il faut du temps, de la préparation. On ne peut pas simplement commencer à se frotter, là comme ça, pour que les choses s’envolent ! Et encore moins quand on n’a pas l’habitude de se masturber.

Donc oui : Non seulement, la masturbation féminine est infiniment plus complexe que la masturbation masculine, mais en plus, on n’en parle peu, et on n’en a peu d’images.

Pas étonnant que beaucoup de filles ne sachent pas s’y prendre !

Finalement, pourquoi apprendre à se masturber quand on est une femme ?

Et quand on échoue à se donner du plaisir seule depuis longtemps, pas étonnant non plus qu’on choisisse parfois d’abandonner.

Mais pour se motiver un peu, prenons le temps de nous rappeler pourquoi il serait vraiment bon d’apprendre la masturbation :

  • On apprend à savoir ce qui nous fait du bien, on pourra donc le communiquer à son partenaire
  • On apprend à avoir des orgasmes plus facilement, plus longuement et plus intenses
  • On gagne en aisance pour faire l’amour à deux
  • On ressentira plus de plaisir et son partenaire aussi, car il sera ravi de mieux savoir comment nous en procurer
  • La masturbation est un antidépresseur naturel conseillé par certains thérapeutes dans la lutte contre la dépression
  • De nombreuses études scientifiques ont prouvé que l’orgasme avait de multiples bienfaits sur le corps, l’esprit et le bien-être général.
  • Et il n’est jamais trop tard pour apprendre à se donner du plaisir seule !
devenir une femme fontaine

Lever le blocage pour atteindre l’orgasme seule

Dans certains cas, le blocage pour atteindre l’orgasme concerne le sexe à deux : On n’arrive pas à jouir avec un partenaire. Parfois, on n’y arrive ni à deux, ni seule. Parfois même, on n’y arrive à deux, mais on n’arrive pas atteindre l’orgasme seule.

Et parfois encore, on ne sait même pas vraiment ce que c’est, un orgasme !

Dans tous les cas, il faut garder à l’esprit que la masturbation est bien la base de la connaissance de soi et de son corps. Elle devrait être la première étape pour régler ce type de problème.

Manifestations physiques de l’orgasme féminin

Déjà, ça se manifeste comment, un orgasme féminin ?

Voici les quelques symptômes physiques de sa survenue :

  • Contractions musculaires rapides des muscles du périnée, au niveau du vagin et de l’anus
  • Contractions musculaires du périnée de plus en plus espacées
  • Accélération du rythme cardiaque
  • Contractions musculaires incontrôlées peuvent se produire dans tout le corps et principalement dans le bassin
  • Activation de nombreuses zones du plaisir dans le cerveau
  • Black-out des pensées
  • Éjaculation féminine chez certaines femmes
  • Expression faciale peut être assimilée à une sensation douloureuse
  • Tout le corps peut se rigidifier pendant quelques secondes

En tout, l’orgasme féminin dure en moyenne 8 à 10 secondes, mais peut se prolonger bien au-delà.

Se tendre vers la jouissance…

En théorie, parvenir à se donner du plaisir seule, c’est simple : il faut une stimulation physique adéquate accompagnée d’un lâcher prise mental.

Facile à dire !

Il semble que, chez nous, les femmes, l’orgasme ne soit pas simplement une mécanique de frotti-frotta. C’est aussi une question de tension musculaire pour que la connexion se fasse.

On doit « aller vers l’orgasme ». Parfois, il faut se tendre de tout son corps pour y parvenir.

Si l’on est trop détendue physiquement, cela ne fonctionnera pas. On doit à la fois contracter les muscles du périnée, bien souvent ceux du bassin et du dos, quand ce ne sont pas aussi les jambes et le cou !

orgasme feminin

Une première étape pour s’aider à se donner du plaisir seule serait donc de renforcer son périnée avec les fameux exercices de Kegel.

… Mais éviter le cercle vicieux de la frustration !

« Je n’arrive pas à prendre du plaisir seule car j’ai beau me crisper, me concentrer, souffler, essayer de me détendre et reprendre tout depuis le début, peu importe. Rien n’y fait. L’orgasme s’échappe, et plus il s’échappe, plus ça me frustre. Parfois, j’en tremble tellement d’effort que c’est l’épuisement qui me fait cesser ! »

Toute femme qui se masturbe a déjà ressenti cette situation de blocage.

On sent qu’on y est presque, au bord du bord, qu’il suffirait d’un rien pour que l’orgasme se déclenche… Et pourtant on n’y arrive pas !

Au fur et à mesure que le temps passe, la pression grandit. Elle s’amplifie un peu plus à chaque fois : « Vais-je enfin finir par y arriver ? ». Et c’est ainsi que l’on peut se retrouver bloquée dans le cercle vicieux de la pression : Moins on y arrive, moins on a de chance d’y arriver.

Travailler son lâcher-prise pour parvenir à se faire jouir

Comme nous venons de le voir, se mettre trop de pression peut nous piéger dans un cercle vicieux.

On se dit : « Je n’arrive pas me donner du plaisir seule, je dois y parvenir à tout prix. », ce qui part très mal. Voici donc quelques points qu’il est possible de travailler.

S’inspirer de la philosophie Carpe Diem !

Pour y parvenir, il est important de ne pas vivre l’orgasme comme une absolue obligation. Pour relâcher la pression, il faut savoir se contenter de se dire : « Je vais passer un bon moment ! »

Vous vous souvenez, dans Le Cercle des Poètes Disparus, quand Robin Williams exhorte ses élèves à « saisir l’instant » ? Inspirez-vous en ! 😉

C’est cela, carpe diem : vivre l’instant présent. Être ici et maintenant.

Ce qui est une parfaite philosophie à adapter à la masturbation !

Dites-vous que vous allez déjà profiter de cet instant, profiter d’être en connexion avec votre corps, seule et au calme, à vous faire du bien.

Dans ces conditions, viser l’orgasme n’a pas de sens. Prenez simplement le plaisir auquel vous avez accès, là, maintenant. Prenez-le pour ce qu’il est : un instant de déconnexion, de détente, de bien-être. C’est cela le plus important !

S’essayer à la méditation

Le lâcher prise est un concept qui paraît particulièrement simple, mais qui est en réalité terriblement compliqué à mettre en œuvre quand on n’en a pas l’habitude.

Peut-être pourriez-vous alors vous lancer dans la méditation ? Cela fera toujours du bien, de toute façon !

Méditation masturbation féminine

La méditation, c’est justement une pratique qui vous amènera à vivre et accepter l’instant présent. À habiter pleinement votre corps, à être à son écoute et à aimer vous y trouver.

Cela peut d’ailleurs vous servir dans de nombreux aspects de votre vie, pas seulement dans la sexualité.

La méditation vous aidera à gérer le stress dans toutes les situations, à mieux accepter les situations auxquelles vous ne pouvez rien changer et à maximiser votre bien-être au quotidien.

Stimuler son imaginaire érotique

Ensuite, pour vous aider à lâcher réellement prise au moment de vous faire du bien, vous pouvez aussi vous laisser aller à vos fantasmes.

Car finalement, cela vous place dans les meilleures conditions pour apprendre à vous masturber : il faut en avoir physiquement envie !

Se dire simplement « Aller, on se lance », se coucher sur le dos et commencer à se caresser ne suffit pas, au début. Il faut accepter de prendre le temps de vous mettre dans l’ambiance.

Et cela peut se faire de plein de façons différentes, en fonction de vos préférences : en regardant du porno, en lisant un livre érotique, en se laissant aller au gré de son imagination…

Il faut laisser couler en soi les scénarios qui nous excitent le plus pour être dans le bon mood ! Avec l’envie réelle de se toucher, trouver les bons gestes sera plus facile.

Essayer différentes techniques de masturbation féminine

Et cela, on est toutes au courant : Ce qui marche avec certaines femmes ne fonctionnera pas nécessairement avec une autre ! Il va vous falloir trouver VOTRE technique de masturbation.

Grande variété de possibilités

Chacune est unique. Si l’on n’arrive pas à se donner du plaisir seule, peut-être est-ce simplement que l’on n’a pas encore essayé la bonne technique.

Voyez plutôt :

  • Techniques avec les doigts en externe : tapotements, petits cercles, frottements, etc.
  • Techniques avec les doigts en interne : stimulation du point G par cercles, en appuyant ou en frottant, stimulation du fond du vagin, etc.
  • Techniques avec des objets non prévus à cet usage : frottement contre un coussin ou une couette ; utilisation du pommeau de douche en mode jet d’eau précis ; insertion d’objets de forme oblongue de type petite bombe de déodorant, manche de brosse à cheveux ou carotte de bonne taille, etc.
  • Technique avec des sextoy : Vibromasseur de faible puissance, vibro de meilleure puissance, vibro toucher soyeux, vibro dur, gode pour stimulation interne ou externe, etc.
  • Position du corps : Avez-vous essayé couchée sur le ventre ? Sur le côté ? À quatre pattes ? Dans votre bain ?

D’abord, il faut trouver sa technique préférée. (Je ne vous cache pas que, le plus efficace pour beaucoup de femmes, ça reste le vibromasseur.) Ensuite, il faut persévérer !

Sextoys à tester

Si nous ne sommes pas très habituées à nous toucher, le sextoy est très certainement la meilleure solution pour parvenir à se faire jouir. Après tout, c’est conçu pour ça !

Cela nous aidera à prendre confiance en nous et à donner une dimension ludique à nos ébats solitaires.

Voici quelques sextoys renommés qu’il peut être intéressant de tester :

  • Le vibromasseur classique, de forme oblongue, de petite taille, en plastique dur (les textures à toucher doux ou mou perdent en pouvoir vibrant !)
  • Le fameux Rabbit, pour une stimulation à la fois du point G et du clitoris.
  • Le stimulateur clitoridien, en forme d’œuf et pourvu d’un petit bec vibrant pour aspirer le clitoris

Ces trois classiques ont depuis longtemps fait leurs preuves et méritent tous d’être essayés pour dénicher celui qui vous convient le mieux !

sextoy masturbation féminine

Persévérer !

La masturbation, c’est toute une éducation de son propre corps. Ce n’est pas forcément évident les premières fois, ni même pour les tentatives qui suivent les premières fois.

Il faut se créer sa routine. Son autoroute du plaisir. Déterminer par quels moyens techniques, mentaux et physiques on parvient à l’orgasme. Et il ne faut surtout pas abandonner trop vite !

Par exemple, si j’ai acheté un vibromasseur et que même avec ça je n’arrive pas à me faire du bien seule, peut-être que ce n’est tout simplement pas le bon objet.

Peut-être qu’il m’en faut un plus puissant ou avec une texture plus dure.

Ensuite, si je me sens vraiment proche d’y arriver, il faut essayer, et essayer encore. Il n’y a pas de secret : Avec de l’entraînement et de la persévérance, on arrive à tout ! 😉