Fantasmes féminins : Petit conte érotique

Conte érotique pour femme

L’imaginaire et le fantasme sont de puissants alliés de l’érotisme ! Pour se faire plaisir, on vous propose aujourd’hui un petit conte érotique issu de l’imagination débordante de votre équipe de rédactrices 🙂

 

Conte érotique – Le Petit Chaperon rouge revisité

C’était un soir où l’automne venait de s’installer sur la ville. La fin des beaux jours et ma récente séparation d’avec Nicolas pesaient sur mon moral aussi lourd qu’une pierre au bout d’une corde à mon cou… Une période de flottement et de vertige, loin de mon corps. Seule face au grand vide qui se profilait dans mon existence, j’occupais mes soirées entre l’euphorie de sorties alcoolisées entre copines et de longues heures d’errances sur les quais, à regarder le fleuve s’enfuir vers la mer.

Pour autant, je n’avais pas les idées noires. Hors de question de songer à me jeter dans la Seine ! Ces premiers jours d’octobre étaient comme une parenthèse dans ma vie. En équilibre au-dessus de moi, je laissais s’écouler le temps, dans l’attente de voir se rallumer le désir dans un coin de mon esprit rabougri. Désir de reprendre mes études, désir de voyager, désir d’un nouvel homme, que sais-je ? L’envie de toute chose m’avait simplement désertée et j’attendais patiemment qu’elle ressurgisse. J’étais une page redevenue vierge.

Ce soir-là, au terme de l’une de ces journées où le ciel devenu fou ne sait plus s’il doit préférer l’azur ou la pluie, le soleil s’était finalement imposé avant de disparaître derrière l’horizon. J’étais assise sur un banc depuis la fin de la dernière averse. À la lueur du lampadaire qui venait de s’allumer, je faisais semblant de lire un petit ouvrage acheté chez un bouquiniste en contemplant le vide.

 

La lueur d’un fantasme

Je ne sais pas ce qui me fit lever la tête à son approche. Est-ce parce qu’il était l’un des rares passants à oser flâner sur les bords de Seine en ce lundi soir sans craindre la pluie ? Est-ce parce que soudain une goutte d’eau s’était abattue sur ma sombre tignasse ? … Ou bien était-ce à cause de la couleur rouge du t-shirt qu’il portait en ignorant le froid ? Tout ce que je sais, c’est qu’en levant les yeux un déclic eut lieu quelque part dans mon estomac : une étincelle de faim. La lueur d’un fantasme.

Sans vraiment comprendre pourquoi, je restai figée, immobile, attentive au petit pincement qui venait de naître dans mon ventre. Au moment où il passa devant mon banc, nos regards se croisèrent et, à son hochement poli de la tête, je vis se dessiner au coin de ses lèvres l’ébauche d’un sourire un peu rêveur.

Dans mes entrailles, ce fut comme une explosion. En une seconde, la petite étincelle s’était muée en une faim dévorante. Choquée par mon propre ressenti, je regardais bouche bée s’éloigner cette silhouette rouge au pas léger. Pendant un instant, j’envisageai de retourner au vide… Mais juste à l’angle du quai, l’inconnu tourna la tête pour me lancer un regard joueur avant de disparaître. Il me sembla que, dans mon ventre, une bête rugissante s’était en sursaut réveillée d’un long sommeil. Je lâchai mon livre et me levai d’un seul mouvement. J’étais en chasse.

 

Rouge feu follet

Je ne sais où ni combien de temps je le suivis sur les pavés détrempés, adaptant mon pas au sien. À chaque angle de rue, je croisais son regard le temps d’une demi-seconde. Je compris que cela l’amusait. Qu’il se moquait de moi, de ma faim qui, à chaque pas, grandissait, animale et brûlante. Une nouvelle averse s’abattit sur la ville. Je songeais à peine à resserrer sur moi mon blouson de cuir, incapable de quitter des yeux ce rouge feu follet se frayant un chemin entre les passants empressés, la brettelle pendante de son sac à dos. Puis sans crier gare, au tournant d’une ruelle, il avait disparu.

Je me figeais dans la petite rue déserte, laissant derrière moi l’agitation d’un boulevard. La pluie ruisselait sur mes cheveux, plaquant sur mon cou de longues mèches semblables à une coulée d’encre. Sur quelques mètres, je repris ma marche d’un pas prudent, aux aguets.

Tire la bobinette et la chevillette cherra.

La voix d’homme au ton rieur provenait d’un sombre passage s’ouvrant sur ma droite. Il était là, nonchalamment adossé contre une porte cochère. Dans le contre-jour d’un lointain lampadaire, je ne parvenais pas à distinguer son expression. Il se mit à rire.

 Haha ! … Et que comptes-tu faire, maintenant, petit louveteau ?

Il ne m’en fallut pas plus. D’un pas décidé, je rompis la distance qui nous séparait et plaquai mes lèvres sur les siennes dans un baiser proche de la morsure. Sa tête heurta la porte derrière lui, ses bras nus se refermèrent avec force sur ma taille et sa langue répondit brutalement à la mienne. Un voile noir tomba sur mon esprit.

 

Aux lisières de mon humanité

Dans une lutte empressée, j’agrippai l’étendard rouge qui m’avait conduite ici. Le son de coutures qui craquent se perdit dans le bourdonnement de la pluie et, sous mes doigts, la chaleur humide de sa peau me fit l’effet d’une décharge électrique. Mon blouson tomba au sol. Avec des gestes brouillons empreints d’urgence, je défis la boucle de sa ceinture tandis qu’il relevait ma jupe. D’un mouvement brusque, il me saisit à la gorge et nous retourna, m’adossant violement au mur. La sensation rude et glacée de la pierre contre mon dos me traversa les reins, aiguillant encore mon désir sans fond.

Je sentis ses mains saisir mes hanches, son bassin se frayer un chemin entre mes jambes. Nulle tendresse dans nos baisers. Il me semblait assouvir une soif venue du loin, du fond des âges, aux lisières de mon humanité. Tout devint flou. Je me souviens de son souffle cuisant dans mon cou. Je me souviens d’un emballage de préservatif hâtivement déchiré. Je me souviens de la pluie dans mes yeux, de son goût métallique sur la peau de l’inconnu. Quelque part sur le boulevard, une sirène de police fendit la nuit de son ton strident.

Quand il me pénétra, ce fut comme une libération. Comme appliquer de la glace sur une brûlure insupportable. Il me souleva contre le mur. La pierre me lacéra le dos quand, en réponse, j’enfonçai mes griffes dans la chair de ses épaules. Notre étreinte fut brève, abrupte. Sans merci. La bête en moi grondait sa jouissance avec fureur tandis qu’elle avalait par à-coups sa proie tout entière. Un éclair noir déchira ma conscience.

Je ne sais pas ce qu’il advint ensuite. Mon dernier souvenir de lui fut l’image d’un sac à dos détrempé dont le contenu avait roulé dans le caniveau. Ses courses du soir : une galette et un petit pot de beurre.

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